[4/19] « L’idéal, c’est de couper le cordon ! »

Nous continuons aujourd’hui notre série d’articles sur la motivation des collaborateurs et plus précisément, notre réflexion sur la première des trois questions qu’un manager doit se poser à ce sujet : « Quelles sont les différentes catégories de besoins que peut avoir un être humain ? ».

La dernière fois, nous avions exploré rapidement les travaux d’HERZBERG en concluant que :

  • les facteurs qui démotivent ou rendent une personne insatisfaite à son travail sont principalement des facteurs d’ambiance, périphériques au métier : mauvaises conditions de travail, risques liés à la sécurité et à la santé, mauvais relationnel avec la hiérarchie et/ou les collègues, sentiment d’instabilité ou de manque de pérennité, rémunération jugée insuffisante
  • les facteurs qui motivent et qui rendent une personne heureuse d’aller travailler sont principalement des facteurs de satisfaction liés au contenu du métier et à l’intérêt que le collaborateur en retire : reconnaissance reçue par la hiérarchie de par la réussite dans son travail, niveau d’autonomie et de responsabilités confié, possibilité d’évoluer et d’apprendre de nouvelles choses dans son métier et de progresser dans sa carrière, opportunité de se dépasser et de relever des défis liés à son métier.

Et j’avais terminé en soumettant à votre réflexion la question de savoir s’il y avait deux ou plus de deux catégories de collaborateurs, en regard de la motivation.

Eh bien il n’y en pas deux mais trois !

Les deux premières viennent très facilement à l’esprit : première catégorie, celle des gens démotivés et insatisfaits dans leur travail ; deuxième catégorie, celle des gens motivés et heureux dans leur travail. La troisième catégorie regroupe les gens qui ne sont pas insatisfaits ou démotivés dans leur travail, mais qui ne sont pas pour autant motivés et heureux.

Les démotivés le sont car les facteurs d’ambiance ne sont pas (assez) présents dans l’entreprise et ne satisfont pas leurs besoins.

Les motivés le sont car, non seulement les facteurs d’ambiance sont présents, mais également les facteurs de satisfaction. La grande majorité de leurs besoins est donc satisfaite.

Dans la troisième catégorie, on trouve les gens dont certains besoins sont satisfaits pas les facteurs d’ambiance mis en place dans l’entreprise. Ils n’ont donc pas de raison d’être démotivés. Mais par ailleurs, certains autres de leurs besoins ne sont pas satisfaits car les facteurs de satisfaction ne sont pas mis en place dans l’entreprise, ils n’ont donc pas de raison d’être motivés. 

Faites-lui fabriquer sa propre énergie !

Pour illustrer ce concept qui est fondamental en management, prenons une image « électrique ». Supposons que votre collaborateur soit un appareil électrique du type ordinateur portable, rasoir ou mini-chaîne HIFI.

Le cordon qui relie l’appareil au secteur peut être assimilé aux facteurs d’ambiance. En leur absence, l’appareil ne fonctionne pas ; votre collaborateur est démotivé. En leur présence, l’appareil fonctionne mais vous devez en permanence l’alimenter en énergie. Cette énergie vient de vous, pas de l’appareil. Mais si vous équipez cet appareil d’une batterie révolutionnaire capable de se recharger par le simple fonctionnement de l’appareil, un peu comme un bâtiment HQE ou une montre automatique, alors, vous n’aurez plus besoin du cordon secteur. Cette batterie, ce sont les facteurs de satisfaction.  

Ainsi, l’idéal en matière de motivation, c’est de mettre en place les conditions qui font que le collaborateur fabrique sa propre énergie. Les conditions qui font que sa motivation vienne de lui-même.

Alors certains me diront : « Mais on ne peut quand même pas satisfaire tous les besoins de nos collaborateurs ! Et quand bien même, comment faire pour connaître leurs besoins et puis, par quel bout commencer ?» Et ils auront raison !

C’est pourquoi, pour nous aider à rester pragmatiques et à structurer une démarche « terrain », nous ferons appel, dans notre prochain article , aux travaux d’Abraham MASLOW.

Contact - Alain Humbert

Par Alain HUMBERT