[10/19] Le secret pour raisonner avec un salarié qui vous demande une augmentation…

Nous continuons aujourd’hui à décliner la démarche globale de (re)motivation qu’il est recommandé de mettre en place dans certaines situations particulières de la vie d’une entreprise. Dans notre dernier article, nous avions commencé à traiter des actions liées au 2nd étage de la pyramide à savoir la sécurité dans son acception de stabilité et de pérennité sur le long terme d’une part et de rémunération de l’autre.

Plus précisément, nous étions restés sur la notion essentielle qu’un collaborateur ne sera pas insatisfait si, au lieu de comparer son salaire mensuel net, on l’amène à raisonner en termes de rémunération globale dans la norme.

La rémunération globale est différente du simple salaire.

Elle inclut tout d’abord les autres éléments financiers directs : 13ème mois, PEE/R,  intéressement, participation.

Elle inclut ensuite les avantages périphériques : véhicule de de fonction, mutuelle, tickets restaurant, chèques vacances, produits de l’entreprise à prix préférentiels, etc. Là encore, si vous dirigez une petite structure, vous pouvez vous permettre de « customiser » ces avantages en fonction du profil SACRE de chacun. Mais si votre structure est plus importante, je vous conseille de commencer par des avantages qui s’adressent au 1er niveau de la pyramide : mutuelle puis tickets restaurant.

Enfin, pensez à « éduquer » vos collaborateurs à raisonner en termes de « rémunération globale valorisée (le salaire + tous les autres avantages valorisés en €) rapportée au nombre de journées travaillées dans l’année ». En effet, certaines entreprises ont des conventions collectives, des accords de branche ou des accords d’entreprise très avantageux en termes de nombre de jours de RTT, de récupération, de congés. Il peut même arriver que certains « ponts » soient accordés gratuitement, en plus du reste. Encouragez donc vos collaborateurs à faire ce calcul : « Combien d’€ mon employeur me verse-t-il globalement pour chaque jour que je travaille effectivement ? » Peut-être s’arrêtera-t-il alors de comparer son « salaire » avec celui de son beau-frère ou de son voisin. Mais s’il le fait quand même et revient ensuite râler, peut-être que sa « rémunération globale » n’est pas …

… dans la norme.

Mais que signifie « être dans la norme » quand il s’agit de rémunération ? Eh bien cela signifie que chacun va se comparer avec ceux qu’il estime être ses équivalents.

Ainsi, un cariste ou une hôtesse d’accueil de Montpellier ne vont pas chercher à se comparer avec un cariste ou une hôtesse d’accueil de Lille. Tout simplement car ils n’auront pas accès facilement à cette information, d’autant plus qu’ils pourront parler avec un voisin ou une connaissance qui occupe un poste équivalent dans une entreprise proche de la vôtre.

En revanche, votre contrôleur de gestion ou votre directeur commercial vont se comparer à leurs pairs à l’échelon régional voir national, soit au cours de salons professionnels, soit en lisant les enquêtes de salaires qui paraissent chaque année dans la presse économique.

Comment faire pour vous assurer que tous vos salariés ont une rémunération « dans la norme » ? Quelle que soit la taille de votre entreprise, je vous encourage à comparer votre grille de salaires avec d’autres sources pertinentes.

  • Pour les postes d’exécution, rapprochez-vous des autres dirigeants de votre bassin d’emploi, de votre ZA ou de votre ZI. Il est rare que vous soyez concurrents et donc tout le monde aura à y gagner à partager ses chiffres avec ses voisins. Une adhésion à des clubs de dirigeants d’entreprise et/ou à des syndicats généralistes pourra également se révéler fructueuse en la matière. Enfin, si vous appartenez à une branche professionnelle dynamique, celle-ci vous alimentera régulièrement avec des enquêtes de salaires au niveau national. Mais pour cela, pensez à y répondre vous-mêmes la prochaine fois  que vous serez sollicité …
  • Pour les postes d’encadrement, vous pourrez également vous référer aux chiffres publiés par votre branche professionnelle, mais aussi à ceux publiés par l’APEC ou les magazines de votre profession. En sachant que plus les postes sont de « haut niveau », plus la fourchette de rémunération est large.

Voici donc ce que nous pouvions dire sur la rémunération globale dans la norme. La prochaine fois, nous parlerons de la partie variable de la rémunération et de son (soi-disant) pouvoir durable de motivation sur ceux qui les perçoivent.

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Par Alain HUMBERT