[8/19] Commencer par être humain, tout simplement …

La fois passée, nous avons répondu à la seconde question que tout manager doit se poser pour optimiser la motivation de son équipe : « Comment m’y prendre pour identifier, chez chacun de mes collaborateurs, ses besoins prioritaires en ce moment ? » Nous avions pour cela évoqué les questions à poser pour identifier le profil SACRE de notre interlocuteur et pour ensuite adapter son management à ce profil.

Mais dans certaines situations, cette approche individualisée ne peut intervenir qu’après une démarche plus globale et plus systématique:

  • Après un plan social, pour regonfler ceux qui sont restés
  • Quand un nouveau dirigeant reprend une entreprise (rachat, fusion)
  • Quand un dirigeant lit des articles sur la motivation qui lui donnent envie d’investir dans la motivation de ses collaborateurs ;))

Cette démarche suit la chronologie de la pyramide de Maslow.

Ainsi, les premières actions à mener concernent le 1er niveau de besoin d’un être humain : le confort et le bien-être matériel ; Tout ce qui va lui simplifier l’existence.

Et rappelons-nous les travaux d’Herzberg qui ont démontré qu’il existe deux catégories de facteurs liés à la motivation :

  • Les facteurs d’ambiance qui, lorsqu’ils sont présents dans l’entreprise font que les collaborateurs ne sont pas insatisfaits (3 premiers niveaux de la pyramide) mais pas pour autant satisfaits
  • Les facteurs de satisfaction qui eux, lorsqu’ils sont présents dans l’entreprise, permettent aux collaborateurs de se motiver.

Investir dans le bien-être au travail

Par conséquent, investir dans le bien-être au travail, c’est tout simplement faire preuve d’humanité. Il ne faut pas penser que c’est un outil de motivation. Ou que cela permettra d’augmenter la productivité.

Alors il est vrai que certaines entreprises peuvent réussir avec des collaborateurs démotivés. Je veux parler d’entreprises où les postes n’ont aucune dimension créative ou épanouissante et/ou sont répétitifs et pénibles. Des postes à faible niveau de qualification tels que manutentionnaires, caissière de supermarché ou opérateur de call center. Les collaborateurs qui souffrent le moins dans ces situations ont la lettre S (sécurité) de leur profil SACRE particulièrement développée : besoin d’argent, de règles et d’horaires qui « cadrent », « au moins, je n’ai pas à me poser de questions ».

Cela dit, le dirigeant d’une telle entreprise, par soucis d’humanité, de paix sociale ou de l’image de son entreprise, sera bien inspiré de renforcer le 1er niveau de ces facteurs d’ambiance.

Mais de quoi s’agit-il ?

En premier lieu, de tout ce qui concerne l’intégrité physique de la personne : protections individuelles, protections des machines, mais aussi protections contre les nuisances sonores, olfactives ou les températures extrêmes.

En second lieu, tout ce qui concerne l’ergonomie : luminosité des écrans d’ordinateurs, aménagements des postes de travail, mécanismes d’aide à la manutention, etc.

Pourquoi se priver de conseils avisés et gratuits ?

J’ai à l’esprit plusieurs de mes clients dirigeants de PME et même de TPE qui, par manque de temps, de moyens et parfois de compétences se sont astucieusement fait accompagner par leur médecin du travail, l’inspecteur du travail ou un ingénieur de la CRAM. La majorité de ces personnes sont souvent gênées de se voir cantonnées dans un seul rôle de policier ou de juge. Ils apprécient en revanche beaucoup d’être sollicités à titre de conseil. Donc pourquoi s’en priver ?

En troisième lieu, tout ce qui facilite la vie :

  • Les collaborateurs peuvent-ils aisément se garer le matin ?
  • Ceux qui déjeunent sur place peuvent-ils le faire dans des conditions décentes : salle spécialement prévue, frigo, micro-ondes…
  • L’organisation du travail est-elle suffisamment souple pour permettre la prise de rendez-vous perso dans la journée (médecin, instituteur, notaire, …)

Pardon de parler de choses qui paraîtront basiques voir triviales à certains mais je vous promets que si ces basiques ne sont pas en place dans l’entreprise, il sera vain de parler aux collaborateurs de dépassement de soi, de relever des défis ou d’esprit d’équipe !

La prochaine fois, nous poursuivrons cette démarche globale de motivation en parlant du 2ème niveau de la pyramide : La sécurité dans son acception de stabilité, de pérennité et de rémunération.

Contact - Alain Humbert

Par Alain HUMBERT

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